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Articles et témoignages

 

Rencontres de l'Éducation à l'Environnement et au Développement durable 28 novembre 2018 à Saint-Sauveur-en-Puisaye

La journée a été animée par Gaëlle Massé, coordinatrice de la SRPM

La SRPM (Station de recherche pluridisciplinaire des Metz), la LPO 89 (Ligue pour les oiseaux) et le Centre social de Puisaye-Forterre ont ouvert, au niveau local, les Rencontres pour l'Éducation à l'Environnement et au Développement durable (EEDD), à Saint-Sauveur-en-Puisaye, le 28 novembre. Extrait du compte rendu subjectif de cette journée, rédigé Anne Curmi, bénévole SPRM.

L'article rédigé par Anne Curmi est disponible en texte intégral sur le site de la SRPM.

Les rencontres de l’EEDD, journée animée par Gaëlle Massé

Objectifs de la journée : « définir ensemble les actions à mener pour développer concrètement l’éducation à l’environnement et construire ensemble une stratégie collective pour nos territoires ».

Méthode : réflexion en petits groupes de travail, les participants devant définir eux-mêmes le contenu de leur groupe, à partir de leurs vécus et perspectives. En gros : « C’est vous qui faites le programme », lance Gaëlle, « pendant les groupes de réflexion, et pendant les repas et les pauses café ”hors cadre cadré” ». Le choix a été fait de proposer une démarche de proximité, pour une co-construction davantage collective qu’individuelle des projets, impliquant tous publics à différents niveaux de responsabilité et d’expertise (un « usager » est déjà un expert), ne pas faire « pour » mais « avec » de façon à ce que les participants ou les bénéficiaires deviennent des acteurs (un enfant « bénéficiaire » peut être un « acteur »). Ce n’est pas nouveau, c’est une démarche déjà expérimentée dans des projets de santé, des projets éducatifs, mais cela fait plaisir de la retrouver à Saint-Sauveur-en-Puisaye. Et apparemment, ça a bien fonctionné ! puisque les résultats en fin de journée sont de 120 participants, 15 groupes et pas moins de 19 projets présentés.

L’éducation au développement, poursuit Gaëlle, « est une action de long terme, un métier, faire des citoyens des acteurs d’une transition écologique nécessaire ». Une affaire de tous, dans tous les contextes, à tous les âges. Parlons donc des âges et par conséquent des âges de notre grand groupe. Notre groupe va alors subir quelques mitoses végétales, se divisant et se réorganisant par différentes strates chronologiques : ceux nés avant 1972 (1er sommet de la Terre à Stockholm, et ceux nés après, puis ceux nés avant 2002 (sommet de Johannesburg), et ceux non adultes en 2002. Cinq jeunes, pas encore nés en 2002, des élèves de la MFR de Champeaux-Toucy, se retrouvent côte à côte, et leur jeunesse est applaudie, eux qui « planteront les graines de la paix, maintenant et pour le futur ». (Wangari Mathai)  

Notre mitose se transforme ensuite en méiose (double division cellulaire), et de nouveaux groupes se forment par statut (salarié, élu associatif, élu d’une collectivité, « autre »), puis en croisant « salarié/élu ou membre d’une association ». En définitive, quelque soit le groupe, « nous sommes tous acteurs, nous sommes tous éducateurs et nous sommes tous concernés », termine Gaëlle, et par ce jeu dynamique de qui sommes-nous et de quelle génération, nous en re-prenons conscience. 

Afin de constituer les groupes de travail, Gaëlle lance un appel à projets et sollicite chacun à venir présenter les mots clés de son projet. Chaque personne repartira avec un « totem » (un animal) qui sera la marque de son groupe, et une fiche qui deviendra une fiche action, élaborée avec celles et ceux qui auront rejoint ce groupe.

Pas moins de 15 secondes plus tard arrive Bénédicte (Association Sciences, Nature et Petites mains), bien visible avec son pull orange, pour exposer son projet qui souffre de visibilité et en manque de crédits non renouvelés par sa municipalité : un beau projet de potager partagé entre parents et enfants, en plein cœur de la ville, assorti d’une aire de compostage partagée. Puis se succèdent les autres créateurs de groupe : « Tous dehors », « Club Nature Jeunesse », un monsieur solo sur le thème « Interdiction de la chasse le dimanche ». Onze autres personnes vont venir chercher leur totem, et créer les quinze groupes qui partent s’installer aux quatre coins de la grande salle.

Totem après totem, les projets des groupes de travail

Le totem Ours « Tous dehors » parle de faire sortir les enfants « du berceau jusqu’à six ans », des crèches jusqu’aux centres sociaux, sortir par tout temps, et, plein d’idées, il présente trois projets !

Le Lion « Tous au jardin » souhaite créer un réseau de jardins ressources autour des 58 communes de Puisaye-Forterre, permettant, entre autres, à des jeunes de donner du sens à ce qu’ils feront (Mission locale), créer un jardin communal. Un autre groupe (Papillon) propose de créer « Un jardin près de chez moi », en milieu urbain ou rural. « Le Jardin-du-Haut commandait un Jardin-du-Bas, potager resserré et chaud, consacré à l’aubergine et au piment, où l’odeur du feuillage de la tomate se mêlait, en juillet, au parfum de l’abricot mûri sur espaliers. Dans le Jardin-du-Haut, deux sapins jumeaux, un noyer dont l’ombre intolérante tuait les fleurs, des roses, des gazons négligés, une tonnelle disloquée… » Colette 

L’objectif de l’Abeille est de « Créer des maisons citoyennes » (comme des ruches ?) sur le territoire, pour développer des animations, ouvrir ces lieux vers l’extérieur, partager et créer du lien, à l’exemple de la maison citoyenne de Clamecy, La Graineterie.

Dans le groupe Cerf, c’est d’agriculture biologique dont il est question, avec un ambitieux objectif de « 30 % de bio à l’horizon 2015 », en privilégiant les circuits courts, en proposant des repas bios pour les collectivités, à l’exemple de la cantine de Saints-en-Puisaye.  

Un autre groupe, Coq, « Organiser des chantiers participatifs » souhaite mettre en place des actions locales sur des terrains communaux, sur les chemins creux, les sentiers, près des mares, etc.) C’est la massette du marais à fourrure de ragondin et, pour lier le tout, la couleuvre qui traverse à la nage les étangs, son petit menton au ras de l’eau. Ni pied, ni main, ni bourrasque n’ont détruit en moi le fertile marécage natal, réparti autour des étangs. Colette

L’Araignée, comme totem, a déjà trouvé son slogan : « Connecte-toi à l’environnement », en organisant des activités de « géocaching », sur des circuits thématiques liés à l’environnement (déjà organisées par l’office du tourisme de Saint-Sauveur-en-Puisaye). 

Un « club nature Jeunes » initié par la LPO de l’Yonne, pour des groupes de 12 enfants afin que ces derniers deviennent acteurs de leur club, et ensuite inclus dans un réseau d’« ambassadeurs de la nature », c’est le groupe Hulotte.

Le totem Loup propose l’« Animation de sentiers pédagogiques » en tant que supports concrets et variés d’éducation à l’environnement, pour redécouvrir « Mon bouquet de Puisaye, c’est du jonc grainé, de grands butomes à fleurs roses plantés tout droit dans l’eau sur leur reflet inversé ; l’alise et la corme et la nèfle, roussottes que le soleil ne mûrit pas mais que novembre attendrit ; c’est la châtaigne d’eau à quatre cornes, sa farine à goût de lentille et de tanche ; c’est la bruyère rouge, rose et blanche, qui croît dans une terre aussi légère que la cendre du bouleau. » Colette  

L’Aigle est seul, mais sa proposition d’« Interdire la chasse le dimanche » recueillera beaucoup de soutiens.

Le Hérisson affiche un titre concret et empreint de poésie : « Laisser l’herbe vivre et le vert s’exprimer ». Il s’agit d’informer sur les bons gestes auprès des habitants, d’attribuer un label de communes « vertes », comme les « villages fleuris, d’effectuer un suivi des communes « vertes » labellisées. L’herbe profonde y noie le pied des arbres, d’un vert délicieux et apaisant dont mon âme a soif… Colette

Pas loin, le groupe Écureuil veut former à la « Gestion des déchets », prévenir le gaspillage et, tout simplement, protéger notre planète, avec les enfants et les parents. 

Le groupe de travail « Mobiliser la communauté éducative à l’EEDD », composé d’enseignants, d’institutionnels et d’élus, s’est regroupé sous le totem de la Grenouille et propose de créer des cadres institutionnels à l’échelle du département (directions, inspecteurs EN, enseignants, CPE) pour mettre en place un réseau de compétences et sensibiliser les futurs citoyens au respect de l’environnement.

Enfin, le Mouton propose d’« Accompagner et former les élus », en mettant en place des projets sur des « champs sémantiques » en lien avec les élus. N’oublions pas le groupe arrivé le dernier, l’Escargot, qui souhaite animer des ateliers philo nature.

Conclusion

Que retenir de cette journée de rencontres de l’EEDD, à Saint-Sauveur-en-Puisaye ? Une motivation et un enthousiasme partagés par tous, la création d’un réseau sur des objectifs communs, une envie de faire malgré, comme entendu, des freins possibles, notamment en matière de moyens financiers. Mais, à l’échelle locale, du village, du quartier, de l’école, tous les acteurs, dont certains sont déjà en mouvement, souhaitent poursuivre, créer, expérimenter et partager, encore et encore, parce que des projets comme ceux-là et des situations écologiques et climatiques comme celles que nous vivons, il faut « en prendre soin ».

Relisons une dernière fois Colette : « Il y avait dans ce temps-là de grands hivers, de brûlants étés. J’ai connu, depuis, des étés dont la couleur, si je ferme les yeux, est celle de la terre ocreuse, fendillée entre les tiges du blé et sous la géante ombelle du panais sauvage. » Afin de retrouver cette beauté de la nature, prévenir les dangers qui la guette et la préserver pour cette jeunesse née après 2002, tous, acteurs institutionnels ou pas, salariés ou pas, élus ou pas, citoyens, de tous les âges, élèves et étudiants, mobilisons-nous pour faire de l’éducation au développement notre engagement pour les années futures.

Et si nous prenions rendez-vous pour l’année prochaine pour le suivi des projets exposés à ces rencontres, leur mise en place, avec quels outils, quelle méthode, les freins, les résultats ? C’est une idée qui est sérieusement évoquée… Rencontres aujourd’hui, rencontres demain, ici et là-bas… Les dés pour un avenir plus écologique, pour un respect de la planète, pour des enjeux partagés sur la biodiversité sont jetés…                                       

Anne Curmi, bénévole SPRM

crédits photos : SRPM

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