Les contenus du séminaire SFFERE

En savoir plus sur les contenus du Séminaire SFFERE « Développement durable : je t’aime, moi non plus ! »

 

  • Le thème :

Le « développement durable » est partout, dans les discours politiques, à l’école, les slogans publicitaires à la télévision, au supermarché… trop peut-être, avec le risque de saturer, d’agacer et de brouiller les messages. Il peut vite se résumer à des éco-gestes qui incitent à se comporter en « bon consommateur » à travers le fait de bien acheter, bien se déplacer, bien trier ses déchets...

Mais le développement durable correspond en réalité à une posture plus globale : c’est une démarche qui doit permettre de se fixer un cap et de définir les changements qu’il est nécessaire de mettre en place pour y arriver… le tout en s’inscrivant dans une cohérence d’ensemble et permettant d’y trouver du sens.

Comment accompagner le plus grand nombre à dépasser l’étape préalable des éco-gestes ? Comment leur donner envie de s’investir dans un nouveau projet de société ? Et quels sont les ingrédients pour favoriser cette mobilisation ?

L’éducation à l’environnement et au développement durable à travers les valeurs et les savoir-faire qu’elle transmet a pour rôle de contribuer à « ré-enchanter » le développement durable, et fournir les recettes d’une mobilisation réussie. C’est sur ce sujet qu’a porté le 5e séminaire SFFERE, qui s’est tenu le 19 novembre 2014, à AgroSup Dijon.

  • Les contenus :

Le séminaire SFFERE proposait deux interventions en plénière le matin :

- Du citoyen consommateur au citoyen responsable et actif, par Jean-Philippe Robinet, formateur à l’Institut d’éco-Pédagogie de Liège

Le concept de développement durable est partout, impossible d’y échapper. Il est souvent évoqué de façon catastrophiste, ce qui laisse entrevoir un avenir peu désirable. Pour inciter petits et grands à « agir », les messages se multiplient et prennent la forme d’injonctions à « bien  se comporter », à « bien consommer » dans ses pratiques quotidiennes. Cette approche occulte les dimensions citoyenne, collective et politique pourtant  à une démarche éducative réellement émancipatrice. Elle conduit à un ras de bol paralysant et contreproductif. Elle est pourtant celle que nous promouvons parfois dans nos pratiques d’EEDD. Or, en tant qu’éducateur à l’environnement, notre rôle n’est-il pas de permettre à nos publics de prendre une autre place que celle de « bon consommateur » ? Peut-on envisager une approche plus politique du développement durable, qui permettrait aux uns et aux autres de contribuer en tant que citoyen à un réel changement de société ?

A travers une démarche pédagogique ludique et imagée, l’intervenant a conduit chaque participant à se questionner sur ces questions et à trouver collectivement quelques clés de compréhension.

 

- Construire un avenir désirable : comment donner envie de relever le défi ? Par Yann Lemoigne, concepteur d’outils pédagogiques, association française des Petits Débrouillards.

Un des rôles de l’EEDD est de donner l’envie et les moyens de participer à un réel changement de société au plus grand nombre. Cela nécessite au préalable de se questionner sur la notion de participation et d’appréhender les enjeux de l’implication de tous : petits et grands. Susciter la participation, c’est établir le contact, donner envie, intéresser, éveiller la curiosité. Cela peut être assez simple quand il s’agit de publics captifs (enfants sur le temps scolaire et de loisirs, professionnels dans l’espace de travail, adultes lors de sorties natures…) mais devient plus compliqué quand il s’agit d’aller à la rencontre de personnes dans l’espace public. L’intervenant s’est attaché, à travers la présentation de la démarche choisie par les Petits débrouillards à illustrer quelques entrées et pratiques permettant d’aller à la rencontre de publics divers et d’outiller les grands et les petits pour l’action.

 

Et 3 ateliers au choix parmi les 4 qui étaient proposés :

Atelier 1 : Des actions d’éducation à l’environnement émancipatrices pour les publics précarisés par Institut d’éco-pédagogie de Liège (Belgique)

L’intervenant a présenté le projet « la part du papillon », porté par un groupe de femmes en médiation de dettes du centre public d’actions sociales (CPAS), qui ont réalisé un film pour rendre compte de la complexité d’un sujet, pour dépasser le simplisme du « y’a qu’a », pour être actrices de leur société, pour dire le ras le bol d’être stigmatisées…

- Atelier 2 : Le science-tour : la science comme outil d’innovation et de cohésion sociale, par l’Association française des Petits Débrouillards.

Les petits débrouillards forment les citoyens, dès le plus jeune âge, à la démarche scientifique pour porter un regard curieux sur le monde, capables d’opinions réfléchies et critiques, dans l’objectif de permettre à chacun de prendre une part active aux transformations sociales. Pour aller au plus près des jeunes et investir l’espace public, le science tour a été mis en place. Il s’appuie sur plusieurs outils, dont la malle transition écologique, qui est adaptée pour la mise en place d’activités pour différents publics dans le cadre d’actions itinérantes.

- Atelier 3 : Habiter autrement et construire ensemble son cadre de vie (l’exemple du projet « Construire ensemble – le Grand Ensemble » à Boulogne-sur-Mer) par Sophie Ricard, Architecte.

Le projet « bâtir ensemble le grand ensemble » a été conçu comme un laboratoire de réflexion sur le logement social et un projet pédagogique expérimental. L’objectif était de faire participer les habitants du quartier à la réhabilitation de leurs habitations. Au-delà de la réhabilitation de ces logements sociaux, le projet a eu d’autres effets positifs pour les habitants : il a permis de réintroduire du savoir vivre à tous les niveaux et a relevé des savoirs faire des personnes qui sont pour la plupart en situation de chômage. Il a aussi permis de créer un chemin entre l’habitant qui a l’impression de ne pas être écouté et l’élu qui réhabilite le quartier.

- Atelier 4 : Mener une démarche de développement durable dans les collectivités dans une perspective éducative, par Jacques TAPIN, président de l’IFREE.

L’IFREE (Institut de formation et de recherche en éducation à l’environnement) est une structure associative créée à l’initiative de l’Etat, de la Région Poitou-Charentes et des associations d’éducation à l’environnement (GRAINE Poitou-Charentes et Poitou-Charentes Nature). Au-delà de ses missions de formation et d’éducation à l’environnement, elle intervient aussi en appui auprès des services de l’Etat, des collectivités territoriales, des organismes de formation et des associations dans l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation de démarches de développement durable. L’Ifrée travaille aux côtés de la « mission Développement durable » de la CAN (Communauté d’Agglomération de Niort) depuis 2010, dans le cadre de l’élaboration et la mise en œuvre d’une démarche Agenda 21 interne, à l’échelle des services et des agents. Démarche participative par excellence, l’Agenda 21 interne vise à construire et mettre en œuvre un projet collectif répondant aux finalités et aux principes du développement durable, à l’échelle du fonctionnement des services et de l’exercice des compétences de la collectivité. Au cours de cet atelier, l’Ifrée a expliqué en quoi cette démarche a modifié la manière dont les agents travaillent entre eux, et a mis en  avant la dimension éducative d’une telle démarche.